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Pour une société juste, équitable et respectueuse du vivant

Même si c'est implicite, c'est quand-même mieux quand c'est explicite !

Comprendre nos mots, c'est comprendre notre démarche

Robustesse, technocritique, résilience, désescalade numérique… Certains de ces termes sont déjà très visibles ; ils peuvent être l'objet de vifs débats ou employés dans des sens très différents. Nous avons choisi d'expliciter celui que Syst-A leur donne.

Les définitions proposées dans ce lexique sont celles de la vision portée par Syst-A, parfois directement empruntée aux travaux d'InfraBasse. Elles ne constituent pas des définitions juridiques ou normatives.

Au-delà d'un simple lexique, cette page raconte aussi une partie de notre cheminement collectif. Derrière chacun de ces mots se cachent des discussions, des lectures, parfois des désaccords, mais surtout une volonté commune : mieux nommer les réalités pour mieux les comprendre.


Robustesse

Nous empruntons ici le terme de robustesse aux travaux d'Olivier Hamant.

La robustesse ne consiste pas à rechercher en permanence la performance maximale. Elle vise au contraire à construire des systèmes capables de durer, d'absorber les perturbations et de continuer à remplir leur fonction malgré les aléas.

Cette approche nous parle particulièrement. Elle nous invite à penser le long terme plutôt que l'optimisation immédiate.

Olivier Hamant applique aussi la robustesse au numérique (31e minute de ce webinaire), et défend notamment une idée qui nous a beaucoup fait réfléchir : le technosolutionnisme, qui s'apparente à la recherche de performance, est profondément technophobe.

Formulée ainsi, la phrase peut surprendre. Pourtant, elle souligne que le technosolutionnisme repose sur une fuite en avant permanente, où chaque technologie est rapidement remplacée par une autre supposée résoudre les problèmes créés par la précédente. Cette logique conduit paradoxalement à considérer les technologies comme rapidement obsolètes et jetables.

À l'inverse, une approche robuste cherche à comprendre les technologies, à les maîtriser et à les faire durer.

Technocritiques et technophiles

Cette idée a mis fin à plusieurs mois de réflexions et discussions au sein de Syst-A.

En effet, pouvions-nous encore nous définir comme technocritiques, alors que ce terme est parfois récupéré par des discours réactionnaires ?

Notre réponse est oui.

Parce que cultiver son esprit critique est nécessaire pour comprendre les fils invisibles derrière le théâtre de la consommation libérale et capitaliste. Dans la technique et le numérique comme ailleurs, l'esprit critique consiste à questionner les mécanismes en interrogeant les rapports de pouvoir, les dépendances, les effets rebonds des modèles économiques et toutes les conséquences sociales et environnementales.

Mais exercer son esprit critique n'a jamais consisté à rejeter l'objet de son étude.

Nous sommes donc technocritiques et le reconnaissons fièrement.

Technocritique n'est pas technophobe !

Nous aimons la technique. Nous avons été – et sommes quelque part toujours – des geekettes. Nous savons le plaisir qu'il y a à comprendre un système, configurer un réseau, résoudre un problème complexe ou découvrir de nouveaux usages. Nous sommes aussi capables d'admirer les avancées de l'intelligence artificielle ou les possibilités qu'offrent certaines technologies.

C'est précisément parce que nous apprécions la technique que nous estimons nécessaire de la questionner.

Chez Syst-A nous assumons une position de technocritiques technophiles.

Résilience

Nous considérons que la résilience participe à la robustesse.

La robustesse cherche à construire des systèmes capables de durer.

La résilience permet de continuer à avancer lorsqu'un événement imprévu survient malgré tout.

Même les systèmes les mieux conçus connaissent des pannes, des crises ou des attaques. Les systèmes d'information en sont une bonne illustration : une interruption de service, une erreur humaine ou un hameçonnage finiront un jour par se produire.

C'est pourquoi InfraBasse intègre la résilience dans sa réflexion sur la gouvernance du numérique.

Plus largement, nous observons que de nombreux systèmes humains, sociaux ou écologiques vivent déjà dans un état de résilience permanente. Les penser sans cette réalité reviendrait à ignorer une partie du monde tel qu'il est.

Systémique

Pour Syst-A, adopter une approche systémique consiste à visibiliser les liens entre des phénomènes qui sont trop souvent étudiés séparément.

Le numérique ne peut être compris indépendamment de l'extraction des ressources, des modèles économiques, des rapports géopolitiques, des droits humains, du patriarcat ou encore des limites planétaires.

Notre rôle consiste précisément à visibiliser ces interdépendances, avec comme point de départ le sujet du numérique que nous connaissons bien. Et ce afin d'éclairer autrement les choix collectifs et individuels.

Désescalade numérique

Développée dans le cadre d'InfraBasse, la désescalade numérique est un principe qui consiste à :

  • Interroger son rapport au numérique
  • En comprendre les liens systémiques (géopolitique, économique, droits humains…)
  • Adopter une posture de limitation volontaire
  • Privilégier des outils simples, existants, accessibles et indépendants (notre vision du low-tech en gros)
  • Refuser le non nécessaire

Et cela afin d'améliorer son quotidien, grâce à un usage plus modéré du numérique.

Sobriété numérique

Aussi développée dans le cadre d'InfraBasse, la sobriété numérique devient la traduction opérationnelle de la démarche — ou philosophie peut-on dire — de désescalade numérique. Il s'agit de réduire l'ivresse numérique en utilisant moins d’outils et moins de ressources, et en simplifiant certains usages dans le cadre professionnel notamment. Et cela afin de réduire la dette cognitive liée au numérique.

Il s'agit de limiter volontairement ses pratiques numériques pour améliorer sa qualité de vie et réduire les coûts humains, environnementaux et techniques.

Autrement dit, la désescalade donne la direction ; la sobriété permet de la mettre en œuvre.

Loin de préconiser un retour en arrière, l'objectif est de retrouver une capacité de choix grâce à un usage plus maîtrisé du numérique.

Androcène

Le terme Androcène désigne une lecture systémique des crises contemporaines.

Il souligne que les bouleversements géologiques attribués à l'Anthropocène ne peuvent être compris sans prendre en compte les rapports de domination qui les accompagnent, notamment le capitalisme et le patriarcat.

Ce terme rappelle que les transformations environnementales sont aussi des phénomènes sociaux, économiques et politiques.

Visibiliser

Pour Syst-A, visibiliser signifie rendre visible un phénomène, mais aussi les mécanismes qui le produisent.


Des mots vivants

Cette page n'a pas vocation à clore les débats, mais à rendre explicite la manière dont Syst-A choisit de nommer les choses. Les mots sont vivants. Notre manière de penser aussi.

Cette page est donc susceptible d’être régulièrement enrichie mais aussi modifiée.